De la discrimination à l'entrée en France

Publié le par Tico

Il y a quelques jours, un ami de ma chère et tendre nous donne quelques nouvelles. Il est fraîchement revenu du Japon (son pays natal) pour prendre un poste de direction en France. 
Nous l'avions connu lors de ses séjours précédents au pays du camembert et du vin. Il  étudie le français depuis belle lurette et le parle fort bien. Un type motivé, sérieux, travailleur. Rien à redire.
Et puis il se met à raconter comment les procédures ont changé pour avoir le droit de passer quelque temps en France. Il ne s'agit pas, entendons-nous, d'un voyage touristique. Il a fini ses études (effectuées en partie en France). Il vient pour travailler. Mais rien que pour obtenir le visa, ce fut le parcours du combattant... que je ne détaillerais pas ici, ça n'a pas grand intérêt. Probablement c'est plus simple pour les étudiants, on ne sait pas. On sait en revanche qu'il est déjà venu dans des circonstances similaires en France (statut identique), et qu'il a remarqué un changement de procédure.
Je rappelle: Il a étudié en France. Il n'a pas l'intention de faire la bringue et de draguer les jolies Françaises, comme font les étudiants (ces jeunes, vraiment!). Il vient pour travailler. Sérieux, motivé, etc. Parlant le Français. Il n'est pas réfugié politique. Il vient du Japon, c'est pas le Tiers-Monde (et puis même, ça changerait quoi?) Ses papiers sont en règle.
On me croira ou non, mais il a eu un mal de chien à obtenir son titre de séjour. La raison: Pour l'avoir, il faut ouvrir un compte en banque français. Et sur ce compte en banque il faut avoir mis... 28000 euros... Vingthuitmille (je n'ai pas rajouté de zéro par erreur!). De quoi vivre un petit moment.
Ce n'était pas le cas il y a deux ou trois ans. Notre ami peut en témoigner, il a déjà fait le voyage. En somme, pour venir en France pendant un temps prolongé, il faut avoir des réserves financières. Que tout français moyen pourrait débourser sans aucune difficulté, n'est-ce pas. (Hummm...) C'est sûr que comme ça, les vilains étrangers ne peuvent plus profiter impunément de notre système social. (Viennent rien que pour ça, ces p'tits malins.) Là on va leur dire: "Vous avez bien un joli pactole sur votre compte. Epuisez déjà ça puis on en reparle."
De deux choses l'une: Ou bien ceux qui ont instauré cette règle (qui ça peut bien être?) n'ont vraiment aucune notion de combien gagne un citoyen de base ("Comment ça il y a des gens qui n'ont pas de yacht? Mais pourquoi? C'est pas très cher un p'tit yacht."), soit il se cache là derrière la volonté de ne faire entrer en France que des riches, susceptibles de laisser des sous un peu partout. Voilà ce que voulait dire discrimination positive. "Positif" au sens mathématique. Par opposition au négatif, autrement dit les dettes, les chiffres en rouge. On constate une fois de plus avec quel aisance on peut déterminer positivement la valeur d'un être humain: suffit de regarder ses sous.
Un telle logique éclaire bien évidemment d'autres décisions prises récemment et certains débats portés sur le devant de la scène. Pour ceux qui veulent bien ne pas fermer les yeux...

Publié dans Avis personnels

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