De l'usage de l'anglais

Publié le par Tico

Tout à l'heure, je passe devant une brasserie. Un pannonceau est fixé sur la porte vitrée où l'on peut lire : "You're welcome! English spoken". Je traduis : "De rien! On parle l'anglais." Cela fait espérer que l'auteur de ce texte ne sera pas celui qui répondra à un hypothétique touriste anglophone. Dans l'une des premières leçons de langue, on apprend les formules de politesse : Excuse me! Please! Thank you! You're welcome! Et avant cela, l'on aprrend à saluer : Good morning! Good afternoon! Hello! Good bye! See you soon! Welcome! Sans doute la proximité temporelle de l'enseignement aura favorisé la confusion.
Doit-on pourtant mettre en cause la qualité des cours d'anglais? Les professeurs peuvent être accusés d'avoir un accent horrible, surtout les plus anciens, de sorte qu'on les identifie tout de suite comme français à l'étranger, leur syntaxe est irréprochable, surtout depuis que le CAPES a vu les nombres de places diminuer. Cependant, accuser le chauvinisme français qui empêcherait la bonne assimilation de l'anglais me semble un peu facile. Je ne vois pas d'autre solution au problème, mais il se peut que cela s'explique à la fois par l'attitude des français et des étrangers. Je crois que le rayonnement de la France reste malgré bien des contre-coups suffisamment fort pour inciter les étrangers à utiliser la langue du pays au lieu de l'anglais, ce latin de l'époque contemporaine. Du coup, les français ne voient pas l'intérêt de se fatiguer à parfaire leur niveau, puisque l'étranger soit comprendra le français, soit arrivera à se faire comprendre avec les bribes d'anglais qui lui restent. Dans des villes plus cosmopolites que la mienne, on trouvera peut-être davantage d'occasions de converser en anglais, aussi le problème doit moins se rencontrer. 
Pour étayer ma thèse, on n'a qu'à penser à des petits pays dont la langue est très peu répandue et où le niveau d'anglais de la population est excellent. Je pense aux Pays-Bas et à la Suède. Qui, hormis les suèdonautes qui de toutes façons adorent le pays, et les lauréats du prix Nobel, seront amenés à parler suèdois? Du coup les habitants ont intérêt à se faire comprendre autrement. C'est encore pire pour les Pays-Bas qui n'ont pas de prix Nobel! Je conçois que la proximité linguistique favorise sans doute l'apprentissage. 
D'un autre côté, les italiens ne parlent pas bien mieux l'anglais que nous (c'est l'impression que j'ai, je me trompe peut-être!). Est-ce une relative incompatibilité des langues romanes avec les autres qui cause cette difficulté? Comment les Hongrois s'en sortent-ils? Cela doit être difficile de passer du russe à l'anglais. Qu'en est-il du Japon? La Chine écrira-t-elle un jour comme nous? Tant de questions de plus en plus détachées les unes des autres et aucune réponse. Sans doute faut-il que je m'arrête. :-)

 

Publié dans La vie en vrac

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