Mardi 8 janvier 2008 2 08 /01 /Jan /2008 12:35

A une certaine époque, je me persuadais que les vieux ragouts qu'on nous servait en classe de français ne pouvaient pas constituer le fin mot de la littérature, que les pavés balzaciens, les rumsteaks d'un Rousseau, les entrecôtes de Flaubert, mais aussi toutes les tartines de Corneille et Racine, les petits-fours de Ronsard et les morilles en croûte des Très Anciens (Sophocle, Homère etc.) pouvaient se faire voler la vedette par des textes excitants, inventifs et inattendus; neufs en un mot (si seulement l'école n'était pas si rigide). Plus tard, j'ai lu beaucoup de Balzac, j'ai relu Rousseau, j'ai goûté un passage de Flaubert çà et là. Au théâtre, on a joué Bérénice, puis Antigone du vieux Soph' devant mes yeux ébahis. Mon jugement était bien trop hâtif, sans doute n'étais-je pas tant exaspéré par le livre en lui-même mais par l'école qui m'obligeait à les lire. (J'aurais trouvé le chemin tout seul! Ils me prenaient pour qui???) Je sais maintenant que pour concurrencer de pareils chefs-d'oeuvre il faut remplir son encrier de bonne heure. Si tel ou tel livre a vieilli, on ne peut pour autant le jeter aux oubliettes, et c'est là que les Anciens sont forts.

Pendant cette période rebelle j'ai acquis de nombreux livres d'auteurs contemporains, convaincu que je tiendrais en main un futur prix Nobel, tôt ou tard. Puis, les études étant avides de temps, j'ai fini par ne pas les ouvrir, ou bien de lire autre chose. Jusqu'à ce jour récent où j'ai retrouvé le livre de Shan Sa intitulé La joueuse de go. Cet ouvrage, précisons-le, a reçu le couronnement du Prix Goncourt des Lycéens (Goncourt ça fait toujours bien sur un CV d'auteur). Intéressé par ce monde inconnu qu'est l'Asie orientale, j'étais tout content de lire ça. Sur la couverture de l'édition de poche, le pied délicat d'une jeune geisha (enfin, on voit pas le visage, on l'imagine jeune, sinon ça fait pas rêver) pointant sous le drapé d'un kimono, en train de faire un pas en avant. Très prometteur. 

Puisque vous ne lirez pas ce livre, voilà l'histoire: Une jeune fille mandchoue dans les années trente du XXè siècle, vit paisiblement en Mandchourie (incroyable, mais vrai!) et en fait elle sait très bien jouer le go, ce cousin japonais du jeu d'échec. Parallèlement, l'on suit l'histoire d'un soldat japonais qui s'embarque pour... la Mandchourie (quelle coïncidence!) et qui évoque ses souvenirs pendant qu'il participe à l'occupation de cette province chinoise. Les chapitres fort courts font alterner les points de vue de la fille et du soldat. Pendant la première moitié du livre on se demande que vient faire ce récit d'un militaire entre chaque chapitre où la joueuse de go raconte sa vie. Car sa vie est palpitante! Elle repousse les avances de son cousin lubrique qui veut l'épouser (il lui avait appris le go, c'était pas pour rien!). Elle a seize ans et veut profiter de la vie. A l'école elle est différente, tout juste différente (bien sûr, la vie des gens comme tous les autres ne fait pas rêver!)  mais elle se lie quand même d'amitié avec une autre camarade. On apprend que sa soeur aînée lui tape sur le système. Puis, un jour, elle rencontre deux jeunes révolutionnaires (vous aurez remarqué que dans les romans on ne parle jamais des vieux révolutionnaires à barbe blanche et au front dégarni, seuls les jeunes ont cette fougue qui rend les changements et les guerres civiles possibles, et puis les pépés ça fait pas rêver!). Une relation à peu près triangulaire s'établit, puisque notre héroïne va flirter gentiment avec l'un, copulant avec lui, mais ne restant pas moins amoureuse (en toute chasteté) de l'autre. Pour elle, l'un n'existe pas sans l'autre, ou du moins l'intérêt qu'elle porte à l'un est indissociable de celui pour l'autre. Quand son partenaire de lit part en révolution en compagnie d'une jeune et intellectuelle révolutionnaire qu'il ne semble piont haïr, sa douleur est forte. Entretemps, elle était - ô surprise - tombée enceinte et a avorté. 

Parallèlement, le récit du soldat avait progressé. Il trouve cette guerre un peu absurde, il voit comment les mandchous se font bêtement sabrer par les sabres japonais et déplore que la Chine, terre d'origine de nombreuses traditions nippones,  soit devenue faible, contrairement au Japon, qui a su conserver et même décupler la puissance de sa culture asiatique. Il évoque des souvenirs amoureux, notamment avec une apprentie geisha qui l'avait choisi, contre toute tradition, pour la déflorer (Je doute que les geishas connaissent ce genre de traditions, mais sinon ça fait pas rêver). Inutile de dire que ça s'est mal terminé. Finalement, non content de se retrouver dans le même livre que la joueuse de go, sa garnison fait halte dans la ville où celle-ci habite. Le hasard fait quand même bien les choses! On ne l'aurait jamais cru! Les voilà qu'ils se rencontrent sur la place des Mille Vents où se trouvent les tables avec damier de go gravé dessus, elle en quête d'un adversaire digne de ce nom, puisqu'elle est trop forte (l'histoire d'une nana nulle en go ça fait pas rêver), lui en mission car son colonel croit que c'est là que se trament les conspirations et donc qu'il faut que notre soldat use de sa maîtrise du chinois dans le but de se faire passer pour un voyageur venu de Pékin. (Voyez avec quel art l'auteur a su rendre chaque scène vraisemblable!) Prise dans les affres de sa vie sentimentale, la fille ne parle que peu à son adversaire, tout comme lui, d'ailleurs. Pendant que la révolution gronde et lui ravit le père de son enfant qu'elle n'a pas eu, d'abord sous la forme de la jeune révolutionnaire, puis d'une exécution sanguinolente, la joueuse de go rencontre régulièrement le soldat déguisé (et amoureux d'elle, sinon ça n'aurait pas fait rêver) pour poursuivre la partie qu'ils ont entamée l'autre jour. C'est ce qu'elle a effectivement de mieux à faire, puisque selon ses dires, jouer au go lui donne des forces. (Ailleurs elle se dit épuisée par une partie contre un joueur ordinaire. On dirait que ça ne marche pas à tout les coups.) Quand ça commence vraiment à barder, elle s'enfuit tout de même au milieu de la foule de ses compatriotes. Exténuée par plusieurs jours de fuite, elle se fera prendre par un groupe de militaires japonais (c'est malin!) parmi lesquels aussi notre soldat (encore ce coquin de hasard!). Ces joyeux compagnons n'ayant pas les moyens de se payer une fille de joie, estiment que notre héroïne pourrait faire l'affaire, juste le temps pour elle de patienter avant d'être trucidée dans les règles de l'art guerrier. Le soldat japonais, habitué aux geishas avec bien plus d'expérience professionnelle, mais surtout amoureux transi et donc incapable de vouloir le mal pour sa chérie, ne profite pas de l'occasion (comme ç'aurait été vraisemblable mais pas susceptible de faire rêver), mais la tue vite fait bien fait avant qu'elle puisse se déshonorer. Et voilà le livre bouclé en 92 chapitres, autant qu'il y a de pions dans un jeu de go, un chapitre tour à tour raconté du point de vue de l'un des joueurs.

On aura remarqué avec quelle économie de moyens l'intrigue s'est ficelée. Shan Sa ne perd pas de temps, dès la deuxième moitié du livre les deux personnages principaux font leur première rencontre. Avant cela, on a pu apprécier la vie de chacun, et là encore on est pris par le rythme palpitant du roman. La joueuse de go vit à 100 à l'heure, et l'auteur nous le montre en dévoilant le minimum de sa vie émotionnelle, ou plutôt en la résumant au maximum. Là où un Proust aurait rempli trois pages pour une demi-heure très intense de la vie de son personnage (c'est pour ces extravagances qu'on a relégué Proust, que personne ne connaît plus, aux oubliettes), Shan Sa nous épargne les étapes intermédiaires et nous livre directement le résultat, un peu comme ça: "Je suis triste et je veux mourir. Je m'achète un fruit chez le marchand. Je n'ai jamais été si heureuse." (C'est une mauvaise imitation, n'écrit pas comme Shan Sa qui veut!) Ainsi, on met moins de temps à lire, moins de temps à comprendre (l'auteur choisit des émotions facilement identifiables et nommables) et on économise du papier.

Mais le rythme se ressent dans tous les chapitres du roman. Le soldat, très porté sur la contemplation, n'a pas le temps de nous ennuyer avec des considérations plus philosophiques que la politique étrangère de son pays, encore moins avec des moments de poésie (que nous détestons tous très très fort), puisqu'il ne cesse de bouger jusqu'à ce qu'il arrive dans la ville de la joueuse de go. Autre atout de cette technique: Là où le soldat passe, il ne se passe rien, ou pas grand chose (des douches entre mecs, quelques petites batailles, une prostituée de temps à autre), aucun événement marquant ne peut se développer. Du coup, au lieu de nous faire part en direct d'une page d'histoire orientale (l'occupation japonaise de la Mandchourie), dont on se fout et qui ne fait pas rêver, le soldat se berce dans ses souvenirs, bien plus rigolos. Je pense à cette scène où il voit pour la première fois l'apprentie geisha. Il est ivre et sent un besoin pressant de dégobiller. A ce moment elle paraît et il la trouve tellement éblouissante qu'il en oublie de gerber. (Pensez à regarder une belle geisha quand vous avez trop bu!) L'écrivaine nous livre tout cela avec un style fleuri, on croirait qu'elle est sérieuse, mais on ne s'y trompe pas. 

Et puis d'abord, le style: D'une modernité inestimable. Car pour ceux qui aiment la poésie (ces nigauds), ce n'est vraiment pas le roman à lire. L'auteur se moque de l'art de faire des vers. La métaphore elle la traîne magistralement dans la mousse au chocolat, la crème chantilly, le sirop de litchi et la sauce soja. Vraiment, là est la plus grande réussite de cette romancière chinoise: Elle pratique le cut-up, cette technique d'écriture où l'on prélève des bouts de texte ici et là pour les mélanger et former ainsi à la manière d'u collage une nouvelle oeuvre inédite. Quoi de neuf? me demanderez-vous. Petits ignorants, apprenez que c'est simple et convenu de jouer au cut-up avec du roman occidental contemporain, mais que Shan Sa s'est fixé l'objectif de prélever à travers toute la littérature sino-japonaise classique les tournures et métaphores les plus typiquement orientales qui soient pour écrire son roman. Ce n'est que "joues cramoisies", "bouche telle une mure écrasée", "vent de printemps", "léger comme un grillon" etc. (je cite de mémoire). Il y en a partout!! Mais alors, direz-vous, ça doit faire un peu kitsch? Mais oui, pas qu'un peu! C'est là qu'elle est superbe, admirable, subversive! Ce faisant, elle nous entraîne dans un univers idéal totalement déconnecté de la réalité. On croirait même pointer un peu de kitsch dans l'histoire! C'est pourquoi nous lisons ce livre en apparence fait pour rêver mais en fait on n'y croit pas! Quelle magnifique démonstration de la distanciation si chère à la littérature moderne! Que dis-je, post-moderne! Car le cut-up est vraiment la technique propre à une littérature postérieure à tous les modernismes, une littérature de l'ère hyperindustrielle qui ironise en permanence en citant malicieusement d'autres textes. Il en existait dans d'autres styles mais Shan Sa a pris une histoire d'amour et de guerre banale et y a rajouté son grain de sel oriental, elle invente le roman à la sauce aigre-douce en conserve. 

Et ce n'est pas tout! Les simples d'esprit auront tenté de chercher un message profond dans le déroulement du récit, dans l'association d'images, une quelconque symbolique à même de nous apprendre quelque chose sur nous-même ou sur le monde. Seule une interprétation du roman au premier degré comme d'un récit fait pour rêver permet de croire cela. Dans ce cas, on avancerait que cette histoire montre comment des méchants japonais oppriment des gentils mandchous, parmi lesquels une jeune joueuse de go qui symbolise la vitalité de la jeunesse malgré les tourments de l'adolescence, tourments qui se reflètent dans le sort tumultueux du pays. Ce pays succombe, comme succombe la jeune fille, tuée par un japonais (donc le Japon) qui la prend en pitié, qui ne sait rien faire d'autre pour manifester son amour que de la combattre au go et de la tuer. Peut-on adhérer à une interprétation aussi simpliste lorsqu'on prend en considération ce que j'ai montré plus haut? Bien sûr que non, Shan Sa possède trop de génie pour penser de manière bêtement nationaliste. Elle nous a subtilement indiqué comment prendre ce roman: Avec ironie. Si elle ne nous peint pas un tableau très complet de la Mandchourie de l'époque, c'est volontaire. On aurait été tenté de chercher dans ce livre une connaissance historique, romanesque certes, mais connaissance quand même. Voyez comme elle crée une héroïne tout à fait invraisemblable, les émotions accélérées comme dans aucune pathologie mentale, un talent à seize ans pour un jeu extérieur à sa culture (un peu comme si un français savait jouer au cricket ou au rugby). Voyez comme elle sert le cliché d'une littérature orientale toute imprégnée d'érotisme, avec ce sommet des lieux communs, la confusion entre geisha et prostituée! (http://fr.wikipedia.org/wiki/Geisha) Vous croyez Shan Sa vraiment capable de ça? Non! (Je réponds à votre place car vous ne le pouvez pas.) Il est clair qu'elle a volontairement gommé toute trace de vérité dans ce livre. C'est en fait son plus grand exploit: écrire un livre qui ne veut rien dire.

Vous comprendrez ma jalousie envers les jeunes qui ont eu le privilège de lire ce livre pour le Goncourt des lycéens. Pourquoi ne lisait-on pas ce genre de livres dans mon lycée à moi? Et surtout comment se fait-il que le prix Nobel de Littérature ne soit pas encore revenu à Shan Sa, qui les dépasse tous, de Homère à Peter Handke???? A sa place, Doris Lessing, dont j'ai jamais entendu parler, tellement elle doit être nulle! Un vrai scandale!

Par Tico - Publié dans : Livres à ne pas lire (je l'ai fait à votre place)
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Mardi 11 décembre 2007 2 11 /12 /Déc /2007 13:03
J'ai eu entre les mains un numéro du Nouvel Observateur qui publiait quelques passages du dernier livre de BHL. Cet ami de Sarko s'interrogeait publiquement (parce qu'en s'interrogeant tout seul dans sans chambre il n'aurait pas pu être vu en train de penser) si l'on pouvait encore être de gauche aujourd'hui. Sa réponse nous saute à la figure: Oui, bien sûr! (Et heureusement! Vous imaginez le cas contraire? Le PS aurait dû se dissoudre, car quel politicien aurait pu mettre en doute la sagesse d'un philosophe, sous peine de passer pour un réactionnaire, et par là-même confirmer de façon on ne peut plus exemplaire la thèse de BHL. Pire, pour ne pas se retrouver au chômage, les Hollande, DSK (Euh, pas lui) Fabius, Royal, Montebourg se seraient vus contraints d'intégrer la majorité UMP, laissant l'opposition réduite aux deux sièges du MODEM. A toutes les élections on aurait exactement trois candidats: Marine Le Pen (35%) François Bayrou (0,1%) et Sarko (l'éternel gagnant). BHL serait devenu Premier Ministre à vie, autorisé d'assommer l'Assemblée Nationale toutes les semaines par un discours servi d'applaudissements à la fin, à condition qu'il ne décide rien ou alors ce que lui conseille de décider le Président de la République. On se demande ce qui a pu pousser notre philosophe à répondre comme il a fait, vu les belles perspectives s'offrant à lui. On ne se le demande pas longtemps. Car il se trouve que pour Sarko mai 68 c'était nul: Des manifestations. Des grèves. Des vandales qui cassent tout. Des gens qui fument du shit. Des nanas qui veulent avorter. Or pour BHL, rien de plus beau que tout ça. Pour lui, la gauche est effectivement le mouvement qui défend les valeurs de 68. Et puis qui est contre la guerre d'Algérie (c'est vrai qu'avec Sarko Président Eternel les élèves auraient eu droit à des journées mensuelles de foutage de gueule envers les ex-colonies tellement connes de ne pas avoir voulu rester colonies, malgré les indéniables avantages, soulignés par Sarko Président Eternel, Prodigieux, Divin et Illuminé, puisqu'elles auraient pu alors participer à ces journées et les conclure par une explication de texte de la lettre d'adieu de Saint Guy Môquet).
J'attends avec horreur les temps où les Français lapideront les professeurs de philosophie qu'ils vont croiser. Pourquoi les vrais Philosophes ne se liguent-ils pas contre cette calamité de l'intellect qu'est BHL?! Comment peut-on prétendre que la gauche a forcément à voir avec mai 68? C'était quoi ce mouvement? Des manifestations, des grèves, des vandales qui cassent tout. (Le shit viendra plus tard.) C'est surtout le moment où la révolte est devenue politiquement correcte, car moderne, l'intégrant au système dominant et balayant par là les possibilités de résistance plus réfléchie. c'était pour moi un mauvais printemps que celui-là pour la gauche.
Je n'ai pas relevé tous les arguments que le Nouvel Obs publiait, mais ce ne sont pas du tout les meilleures raisons pour être de gauche. A moins que le livre contienne d'autres passages plus intelligents, il ne me semble pas utile de s'encombrer la bibliothèque avec l'ouvrage du philosophe entarté. Rien que la question est débile. Heureusement qu'il y a encore quelques personnes qui ont le coeur à gauche!
Par Tico - Publié dans : Avis personnels
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Vendredi 30 novembre 2007 5 30 /11 /Nov /2007 08:53

Tout à l'heure, je passe devant une brasserie. Un pannonceau est fixé sur la porte vitrée où l'on peut lire : "You're welcome! English spoken". Je traduis : "De rien! On parle l'anglais." Cela fait espérer que l'auteur de ce texte ne sera pas celui qui répondra à un hypothétique touriste anglophone. Dans l'une des premières leçons de langue, on apprend les formules de politesse : Excuse me! Please! Thank you! You're welcome! Et avant cela, l'on aprrend à saluer : Good morning! Good afternoon! Hello! Good bye! See you soon! Welcome! Sans doute la proximité temporelle de l'enseignement aura favorisé la confusion.
Doit-on pourtant mettre en cause la qualité des cours d'anglais? Les professeurs peuvent être accusés d'avoir un accent horrible, surtout les plus anciens, de sorte qu'on les identifie tout de suite comme français à l'étranger, leur syntaxe est irréprochable, surtout depuis que le CAPES a vu les nombres de places diminuer. Cependant, accuser le chauvinisme français qui empêcherait la bonne assimilation de l'anglais me semble un peu facile. Je ne vois pas d'autre solution au problème, mais il se peut que cela s'explique à la fois par l'attitude des français et des étrangers. Je crois que le rayonnement de la France reste malgré bien des contre-coups suffisamment fort pour inciter les étrangers à utiliser la langue du pays au lieu de l'anglais, ce latin de l'époque contemporaine. Du coup, les français ne voient pas l'intérêt de se fatiguer à parfaire leur niveau, puisque l'étranger soit comprendra le français, soit arrivera à se faire comprendre avec les bribes d'anglais qui lui restent. Dans des villes plus cosmopolites que B-zakh, on trouvera peut-être davantage d'occasions de converser en anglais, aussi le problème doit moins se rencontrer. 
Pour étayer ma thèse, on n'a qu'à penser à des petits pays dont la langue est très peu répandue et où le niveau d'anglais de la population est excellent. Je pense aux Pays-Bas et à la Suède. Qui, hormis les suèdonautes qui de toutes façons adorent le pays, et les lauréats du prix Nobel, seront amenés à parler suèdois? Du coup les habitants ont intérêt à se faire comprendre autrement. C'est encore pire pour les Pays-Bas qui n'ont pas de prix Nobel! Je conçois que la proximité linguistique favorise sans doute l'apprentissage. 
D'un autre côté, les italiens ne parlent pas bien mieux l'anglais que nous (c'est l'impression que j'ai, je me trompe peut-être!). Est-ce une relative incompatibilité des langues romanes avec les autres qui cause cette difficulté? Comment les Hongrois s'en sortent-ils? Cela doit être difficile de passer du russe à l'anglais. Qu'en est-il du Japon? La Chine écrira-t-elle un jour comme nous? Tant de questions de plus en plus détachées les unes des autres et aucune réponse. Sans doute faut-il que je m'arrête. :-)

Par Tico - Publié dans : La vie en vrac
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Jeudi 29 novembre 2007 4 29 /11 /Nov /2007 16:36

Un magnifique essai de Frank Tipler, sorti il y a de cela pas mal d'années. Si jamais vous deviez tomber là-dessus, jetez ce livre et lavez-vous les mains ;-)
C'est un physicien qui veut démontrer par les moyens de la science que Dieu existe, ou plutôt qu'il est en train de devenir existant.... Selon Tipler, l'espèce humaine devra se mettre à coloniser l'espace grâce à des sondes à nano-technologie poussée contenant des cellules embryonnaires humaines et un utérus artificiel. (qui n'est pas encore inventé, mais bon, ce n'est pas grave, on y arrivera bientôt!) Des robots-nounous  élèveront les bébés (J'imagine la scène: Soit la nounou sera vénérée comme une déesse, soit elle se fera démonter à l'adolescence -  parce qu'elle estimera que L'Exorciste pas un truc à regarder à 15 ans et demi - peut-être même plus tôt si les gosses ont la fibre bricoleuse...) et leur apprendront à construire à leur tour des sondes etc. A la fin, l'univers entier finira par être colonisé. Puis viendra le moment où l'univers va collaber. Utilisant la théorie du chaos, Tipler affirme que les êtres intelligents que seront nos descendants vont agir tous en synergie pour empêcher ça (en l'absence de guerre bien sur... mais Tipler n'évoque pas cette possibilité, car on n'aura pas le choix, c'est ça ou crever... vu la suite, je préfère crver!). Si,si! Puisque le battement d'aile d'un papillon à Hong Kong peut déclencher une tornade à San Francisco, dans un système chaotique comme l'univers, bien plus chaotique que le ciel terrestre, l'action de plein de petits humains en même temps dans le même sens doit pouvoir empêcher le collapsus de l'univers!!!...??? Mieux! Ce collapsus avorté va produire de l'Energie! (Sans blague! on se demande où est passé l'énergie utilisée pour bloquer l'affaissement) Puis on construira des super-ordinateurs grâce à la matière qu'on va trouver sur le chemin (il faudra qu'on découvre comment transformer l'hélium stellaire en silicium d'ici là) et toute la lumière (l'énergie de tout à l'heure) va converger pour rapporter l'information qu'elle aura collecté dans l'univers depuis son début (portrait de la lumière en chien-chien rapportant bâton) et cette information sera stockée dans l'ordi qui saura ainsi tout de ce qui était et sera fait de toute la matière de l'univers et qui pourra donc (donc???) tout faire. Omniscient, omniprésent, omnipotent: On aura rencontré Dieu en personne. (Enchanté!) Pour moins faire peur au gens, Tipler l'appelle le point Ôméga (terme volé à Teilhard de Chardin...) Et nous dans tout ça? On aura rejoint nos descendants qui auront renoncé à la vie bête et méchante et se seront transformés en simulation informatique (!!!) sur le disque dur de Dieu. Et comme celui-ci sait tout, il y aura aussi une simulation de nous. Oui, de moi, de toi, de lui, d'elle et de Mémé. Tout le monde! (Et Médor?) Et ce n'est pas tout! Puisque Dieu nous AIME (j'ai pas compris la démonstration du pourquoi...) il va chouettement arranger son disque dur, et de ce fait ça ressemblera... non, ça sera le Paradis.
Vous suivez encore? Je n'exagère pas, c'est aussi farfelu que ça. J'ai simplement omis les détails de la démonstration, puisque c'est de la Physique pure et dure (très dure) et que je ne saurai résumer des arguments que je n'ai pas compris (je suis plutôt dans la bio, moi). A ce que j'ai retenu, il suffirait de savoir si la masse d'un boson de Higgs(je sais même pas ce que c'est) est supérieure à une valeur précise pour vérifier la théorie. C'est lié à la gravitation quantique du rayonnement intra-spatio-galactique mais qui est en fait le Saint Esprit coincé dans un réacteur nucléaire... Je m'embrouille, et vraiment, je n'y connais rien à ce genre de science. Toutefois, à en croire des gens qui ont l'air de s'y connaître (http://math-et-physique.over-blog.com/article-3596214.html) ce n'est pas dans la partie Physique que ça pêche le plus. C'est un piège pour que Tipler ait l'air de quelqu'un qui s'y connaît lui aussi. Toutefois, un peu de jugeote permettra à chacun d'un peu sensé de voir qu'il y a trop d'incohérences ne serait-ce qu'au niveau logique dans cette théorie qui pue la propagande évangéliste. (Cela m'étonnerait que Dieu ressemble à ce point à ce qu'il y a marqué dans la Bible. Ce serait quand même une sacrée coïncidence!)

Conclusion: ne lisez pas ce bouquin (Sauf si vous écrivez des romans de SF, ça peut donner l'inspiration d'un récit assez fendard). Il suffit que l'un d'entre nous ait déjà perdu tout ce temps à se farcir ces sottises. 
Je lis les livres nuls pour que vous n'ayez pas à le faire.

Par Tico - Publié dans : Livres à ne pas lire (je l'ai fait à votre place)
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Mercredi 21 novembre 2007 3 21 /11 /Nov /2007 13:14

Je commence ce blog. Me voici arrivé dans l'époque du web 2.0. Alors je vais parler de mon thème de prédilection: La poésie. 
C'est un art que j'adore. Il y avait un type du XIXè qui disait qu'on pouvait vivre une journée sans manger, mais sans poésie, jamais. (Je cite approximativement...) Ce gars s'appellait non pas Jolidufeu, ni Attrayandelot, ni même Mignondelaterre, mais Baudelaire. Il avait la bonne idée d'être poète, du coup on en parle ici. Moi aussi je voudrais faire comme lui et devenir poète. Comme ça on parlera de moi sur d'autres blogs. 
Trève de plaisanteries.... J'aime vraiment la poésie, mais j'aime pas mal d'autres choses aussi. Alors je parlerai de tout et de n'importe quoi, comme il me chantera. C'est pourtant bien un blog de la catégorie "poésie". Je trouvais qu'il fallait un peu défendre cet art, bien souvent méconnu. En général on l'apprécie pour ce qu'il a de plus mauvais: Des rimes et des métaphores kitsch, du sentiment à trois sous,... Pour moi, je recherche autre chose dans la poésie, précisement cet "autre" qui la caractérise. Elle est une langue spéciale, différente, choisie, expressive, contrairement aux courriers que nous adresse le Trésor Public.
Pour l'instant, je lis Les Fleurs du Mal de devinez qui... Baudelaire. En attendant que j'avance un peu dans ce livre, permettez que je n'en parle pas. Je ne suis pas critique littéraire, je ne sais pas parler de ce que je n'ai pas lu. Par contre je sais très bien parler de moi. Mais je redoute que ça ne soit pas très intéressant, alors je me tais.

Par Tico - Publié dans : Avis personnels
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